29/05/2025 - Visite Lyon Fourvière et la Croix Rousse
Sous un soleil ardent, ce XXIX mai, nous voici à Lugdunum, attroupés sous un marronnier ou longeant les murs à chercher l’ombre. Notre groupe se hisse d’abord via la ficelle sur la colline des origines : Fourvière. Les Romains s’y sont installés, ont massacré en 177 les premiers chrétiens tout juste venus de Smyrne avant d’embrasser un peu plus tard leur foi. Le puissant vaisseau érigé en éperon témoigne de la fidélité des Lyonnais d’aujourd’hui à l’héritage chrétien. Bossan a nanti la basilique d’un assemblage universaliste de motifs architecturaux empruntés à de nombreux horizons artistiques, nous dira avec maints détails notre guide historique, aussi disert que l’année dernière. Il nous livra avec un esprit d’honnête homme un récit de très belle manière. Les Romains sont descendus de Fourvière, nous aussi. Ce n’était plus dès lors des Gallo-Romains mais leurs successeurs, une bonne dizaine de siècles plus tard, venus établir un port sur les rives du fleuve capricieux. Nous nous sommes faufilés dans le dédale des traboules, signatures caractéristiques de ce nouveau Lyon, dit aujourd’hui « vieux », où notre guide a tenté de nous égarer. Puis il nous a livré à un bus sauvage qui nous a secoués jusqu’au restaurant accroché à la seconde colline : La Croix-Rousse. Le service a-t-il tardé ou alors est-ce nous ? Un peu les deux sans doute. On a fait se languir un long moment notre guide, somnolant sur un banc à notre arrivée tardive au rendez-vous. Il a retrouvé bien vite ses esprits et sa faconde, nous enseignant l’histoire de La Croix-Rousse, ancienne bourgade isolée à l’extrémité d’un plateau s’inclinant brusquement devant Lyon. La localité rurale finira par rejoindre la ville en entrecroisant le long de la pente un tissu de bâtisses bruissant d’ateliers de canuts. Nous avons mesuré du regard en descendant la colline ces longues façades nues percées de hautes ouvertures pour prendre la lumière, à mesure qu’elles s’élevaient sous nos pieds, via des volées, voire des nuées, d’escaliers. Il ne manquait, pour l’ambiance, que le cliquetis des métiers à tisser qui se sont tus au XXe siècle. La soierie avait fait la fortune de la ville, elle a fait la fortune des banquiers, et grossi la fortune des marchands qui ont tiré profit de la géographie fluviale. Notre fortune aussi, enrichis que nous fûmes de la connaissance éclairée du lieu. Merci à celui qui nous en a mis plein la tête ; merci aux organisatrices qui nous en ont mis plein les jambes, mais ont accompagné avec prévenance les grands enfants dissipés que nous nous nous plaisons à rester. En nous séparant, le guide a tenu lui-même à souligner, au cas où on l’aurait oublié, la patience et le temps que nécessite, pour la satisfaction des hôtes, la préparation de ce genre de voyage, soit-il bref et peu lointain. Nous en sommes reconnaissants à Josette et Martine pour l’attention portée à la réussite de ce projet.